Barfly (1987) Pour Barbet Schroeder, l’enfant de la Nouvelle Vague, le cinéma américain est autant un fantasme, une promesse qu’un idéal. A la fin des années cinquante, la politique des auteurs ne concerne que les maîtres hollywoodiens (Hitchcock, Lang, Ray, Mann, Ford...). Schroeder, qui côtoie alors Godard, Rohmer, Truffaut et les autres, assiste, produit et réalise. Si ses compagnons de cinéma rechignent à traverser l’Atlantique pour rejoindre Hollywood et ses mirages, lui se lance dans la bataille à la fin des années quatre-vingt avec Barfly . Un film en forme d’autobiographie pour Charles Bukowski qui y raconte sa dépendance à l’alcool et les affres de la création. Le célèbre poète aime à regarder Hollywood avec une lucidité enrobée d’une once de cynisme : « On nous traite comme des chiens, on fout en l’air nos meilleures idées, on transforme nos personnages en marionnettes, on édulcore nos dialogues, et qu’est-ce qu’on obtient au bout du compte ? La fortune !...